Une pompe à chaleur air-eau qui ne chauffe pas n’est jamais vraiment à l’arrêt côté compteur. C’est ce que montre un relevé publié le 27 octobre par JeChange, à partir des fiches techniques de neuf gammes vendues en France. Éteinte depuis son écran ou en veille, une machine tire encore de 7 à 23 W, jour et nuit. Sur une année, l’écart entre la plus sobre et la plus gourmande dépasse 28 euros.
De quoi relancer une question que beaucoup de propriétaires se posent au printemps : faut-il couper le disjoncteur de sa pompe à chaleur hors saison ? La réponse des fabricants est claire, et elle mérite d’être connue avant de toucher au tableau électrique.
Plan de l'article
Quatre consommations déclarées sur chaque fiche #
Ces chiffres ne sortent pas d’un banc d’essai maison : ils sont déclarés par les fabricants eux-mêmes. Le règlement européen 813/2013 sur l’écoconception des dispositifs de chauffage impose d’indiquer, pour chaque modèle, plusieurs consommations mesurées quand l’appareil ne produit pas de chaleur. Elles sont exprimées en kilowatts sur la fiche : 0,023 kW correspond à 23 W.
JeChange distingue quatre situations : la machine éteinte depuis sa commande mais toujours branchée (le mode arrêt), la veille où elle attend un ordre du thermostat, l’état allumé sans demande de chaleur, et enfin la résistance de carter qui garde le compresseur au chaud par temps froid. Sur les neuf gammes relevées, cette dernière vaut 0 W partout.
De 7 à 23 W en veille selon les marques #
En veille, la médiane s’établit à 15 W. Aucune gamme ne descend à zéro dans ce mode, et une seule le fait une fois éteinte. Le relevé place en haut du tableau les Daikin Altherma 3 M et Altherma HT, à 23 W, et en bas la Saunier Duval Genia Air de première génération, à 7 W. Entre les deux, on trouve notamment la Mitsubishi Ecodan à 15 W et la Viessmann Vitocal 250-A à 16 W, la seule à afficher 0 W une fois éteinte.
Allumée sans chauffer, l’écart se creuse
C’est l’état « allumé sans demande de chaleur » qui montre les différences les plus fortes : de 7 à 100 W selon les modèles. Le maximum relevé concerne un modèle réglé pour une eau à 35 °C. Conséquence pratique soulignée par JeChange : hors saison de chauffe, une machine laissée allumée consomme souvent davantage que la même machine éteinte depuis son écran de commande.
Ce que ces watts pèsent sur la facture #
Le calcul est simple. Un watt consommé en continu représente 8,76 kWh par an. JeChange l’a chiffré au tarif réglementé en option Base de la grille du 1er août 2026, soit 0,2001 € le kWh, ce qui donne environ 1,75 € par an et par watt.
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À 23 W, une pompe à chaleur en veille consomme ainsi 201,5 kWh par an, soit 40,32 €. Au niveau médian de 15 W, la facture atteint 26,29 €, et 12,27 € pour le modèle le plus sobre à 7 W. Ce sont des estimations : votre propre coût dépend de votre contrat et du temps réellement passé en veille.
Faut-il couper le disjoncteur l’été ? #
La réponse des constructeurs est non. Selon le relevé, Daikin demande de laisser le disjoncteur enclenché, et Viessmann décrit des fonctions de protection qui supposent que la machine reste alimentée. Une pompe à chaleur sert parfois aussi à la production d’eau chaude, ce qui exclut de toute façon de la couper.
Et le gain serait faible. Sur la seule période de mai à septembre, la coupure rapporterait au plus 17 €, et 11 € pour le modèle médian, d’après le calculateur de JeChange. C’est une décision à prendre avec la notice de l’appareil et l’avis de l’installateur, pas un réflexe d’économie.
Ce que vous pouvez faire à la place
Le premier geste consiste à relever la consommation en veille de votre modèle : elle figure sur la fiche produit ou dans le manuel, dans la rubrique des consommations hors mode actif. Vous saurez en quelques minutes si votre machine est plutôt à 7 W ou à 23 W.
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Le second est de vérifier les réglages hors saison. Puisque l’état allumé sans chauffer peut coûter plus cher que l’arrêt depuis la commande, passer la machine en mode arrêt ou été depuis son écran, sans couper l’alimentation, est souvent le bon compromis. Là encore, la notice indique ce que le fabricant autorise.
Un critère à regarder avant d’acheter #
Pour qui s’apprête à remplacer une chaudière, ces quelques watts ne doivent pas faire oublier l’essentiel, à savoir le rendement en chauffage. Mais à performances proches, la consommation en veille est un critère de comparaison objectif, puisqu’elle est déclarée de la même façon par tous les fabricants. Demander la fiche technique du modèle proposé par l’installateur permet de la vérifier en amont, plutôt que de la découvrir sur la facture.




